Dans notre monde moderne, les évolutions technologiques avancent à vitesse grand V. L’accès à l’informatique ainsi qu’à internet sont de plus en plus simples. Aujourd’hui, il y a de multiples moyens de communication : ordinateurs, tablettes, téléphones portables… Tout est connecté. Ce progrès est certes une énorme révolution dans nos modes de vie ces dernières années, mais il n’est pas sans risque. Un fléau a alors fait son apparition, en corrélation avec ce développement ultra-rapide des nouveaux moyens de communication : le harcèlement en ligne. Définitions, différentes formes de harcèlement, risques, prévention : décryptage de ce nouveau fléau 2.0.

Qu’est-ce que le harcèlement en ligne ?

harcelement en ligneLe harcèlement en ligne est également appelé cyber-harcèlement. Il est une forme de harcèlement mené via les différents canaux numériques : réseaux sociaux, blogs, forums, jeux vidéos en ligne… De nouvelles plateformes naissent chaque jour, ce qui multiplie les modes d’interactions entre internautes et les chances de faire des mauvaises rencontres.

Concrètement, le cyber-harcèlement est donc le fait d’utiliser ces nouvelles technologies d’information et de communication dans le but d’humilier ou intimider quelqu’un de façon répétée et dans le temps. Cette notion de fréquence et de répétition est importante, car c’est cet acharnement qui peut avoir un impact psychologique sur la victime. Le comportement adopté par l’auteur du harcèlement est réalisé avec pour but ou pour conséquence de dégrader la santé physique ou l’équilibre psychique de la personne visée.

Il y a de multiples formes de cyber-harcèlement. L’auteure Nancy Willard en relève 7 majeures :

  • Le flaming (lance-flammes) : de brefs échanges d’une rare violence entre différents protagonistes, souvent vulgaires et insultants. On les retrouve principalement sur les réseaux sociaux.
  • Le harrassement (harcèlement) : messages violents et insultants, tout comme le flaming. La différence sera la répétition régulière de ces attaques dans le temps.
  • La denigration (dénigrement) : calomnies, rumeurs, ragots qui sont colportés afin de nuire à la réputation d’autrui. Un phénomène largement diffusé sur les réseaux sociaux par les « haters » dans le but de dégrader l’image de la personne visée.
  • L’impersonation ou masquerade (imitation ou masquarade) : c’est l’usurpation d’identité à des fins malveillantes. On emprunte le nom ou le pseudonyme d’une personne afin d’adresser des insultes à d’autres personnes et de propager des rumeurs. Ceci dans le but de punir le véritable propriétaire du pseudonyme.
  • L’outing ou trickery : c’est la diffusion d’informations ou de photos intimes ou confidentielles, sans l’accord de la personne concernée. On peut notamment citer un cas d’outing : le sexting, qui se définit par la diffusion de photos dénudées ou à caractère sexuel.
  • L’exclusion : quand une personne est volontairement mise à l’écart d’un groupe de discussion ou sur un jeu en ligne par exemple.
  • Le cyberstalking (traque sur internet) : c’est une traque sur le web, avec la multiplication de messages insultants ou de photos confidentielles, ne laissant aucun répit à la victime. L’agresseur fait de la vie se sa victime un enfer, la persécutant sur toute sorte de plateforme internet où la victime se trouve.

D’après une étude du Pew Research Center, 40% des internautes ont été victime de harcèlement, quelle que soit sa forme, dont 18% de façon sévère.

Insultes, moqueries, diffamations, rumeurs… Les moyens de harceler sont donc nombreux. Le cyber-harcèlement peut également se propager de façon massive et très rapide. Et, ce dont on ne se rend pas forcément compte, c’est que même lorsque le harcèlement est terminé, les messages peuvent rester en ligne. Ce qui reste traumatisant pour la victime et peut de nouveau lui causer du tort.

Tous les types de population peuvent en être victimes : femmes, hommes, homosexuels, adolescents, etc. Le harcèlement en ligne fait de nombreuses victimes, et ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont le plus durement touchées.

Les risques du harcèlement pour les enfants et les adolescents

cyber harcelementPour les personnes les plus fragiles psychologiquement, les conséquences peuvent être dramatiques. Ces attaques, souvent très virulentes, entraînent des séquelles graves chez la victime. Voici quelques exemples de trauma que peut subir la personne harcelée :

  • Isolement.
  • Perte de confiance en soi.
  • Déprime.
  • Dépression.
  • Problème de santé.
  • Phobie scolaire.
  • Agressivité.

Des effets à court, moyen et long terme sont envisageables. Les conséquences du cyber-harcèlement ne sont donc vraiment pas à prendre à la légère, et un accompagnement de la victime est indispensable.

Mon enfant est victime de cyber-harcèlement : comment réagir ?

Tout d’abord, il est important d’être à son écoute. Au quotidien, il faut être proche de lui, lui demander comment s’est passée sa journée. Il faut également être observateur. Souvent, une victime a un comportement qui change, se replie sur lui-même ou fait preuve d’agressivité. La première personne pouvant aider la victime est son parent.
Il faut encourager l’enfant à parler, se livrer, s’ouvrir. Lui expliquer que les adultes sont là pour l’aider et le soutenir, ainsi que pour faire cesser ces violences subies.

Vous devez également signaler l’ensemble des contenus portant atteinte à votre enfant. La plupart des réseaux sociaux permettent ce genre d’action, et ces plateformes sont dans l’obligation de surveiller ce qu’il se passe sur leurs réseaux. Si vous ne trouvez pas comment signaler ces contenus, des plateformes comme Phraos permettent de signaler ces contenus illicites. De plus, un logiciel espion Snapchat ou un logiciel espion Whatsapp peut être installé sur le téléphone de son enfant.

Enfin, vous pouvez prendre rendez-vous avec l’école de votre enfant afin de leur expliquer. Le cyber-harcèlement se fait souvent entre pairs, certains camarades peuvent être impliqués.

L’accompagnement est le maître-mot dans toute affaire de harcèlement en ligne. Toujours soutenir son enfant et ne jamais laisser traîner un comportement suspect.

Prévenir le harcèlement sur internet

Pour conclure, il y a plusieurs moyens de limiter les risques de cyber-harcèlement. Notamment :

  1. Préserver ses données privées. Les jeunes fournissent facilement des données privées sur les réseaux sociaux. Un très bon moyen pour les auteurs d’actes malveillants de se procurer photos ou informations privées. Il est important de ne pas tout divulguer sur son profil et de masquer certaines informations.
  2. Gérer ses paramètres de confidentialité. Les réseaux sociaux permettent désormais de limiter les autorisations d’accès. Pour les mineurs, il est conseillé de paramétrer un maximum d’éléments au niveau le plus restrictif. Ne pas accepter toutes les demandes d’ami a également son importance.
  3. Sécuriser son mot de passe. Ne jamais divulguer une telle information. Un compte est personnel, et personne (sauf les parents) ne doit avoir accès à vos différents comptes, que ce soit pour les réseaux sociaux, jeux ou autre plateforme numérique personnelle.
  4. Respecter sa vie privée et celle des autres. Les jeunes aiment bien se mettre en avant sur les réseaux, des photos avec leurs amis, leur petit copain, des photos de soirée… Sans forcément avoir conscience de la taille de l’audience. Il est donc important qu’ils comprennent que lorsqu’ils mettent une photo d’eux, celle-ci peut être détournée. Mais aussi, si la personne est accompagnée d’une autre, il faut que cette dernière soit mise au courant. Il est important que les jeunes comprennent bien le concept du droit à l’image et à la vie privée et prennent pour habitude de demander l’autorisation avant de diffuser une information qui implique une autre personne. Le cyber-harcèlement se manifeste au travers de contenus (écrits, photos ou vidéos) échangés par internet ou téléphone mobile, qui laissent des traces.
  5. Utiliser une solution de contrôle parental (grâce à l’utilisation d’un logiciel de surveillance ou d’un logiciel espion). Les enfants surveillés doivent être au courant.

Le concept de harcèlement en ligne n’est donc pas à prendre à la légère. Véritable fléau des temps modernes, il est impératif de signaler tout abus et de demander de l’aide :

  • Aux adultes du collège (CPE, surveillant, Prof. principal, infirmière etc.).
  • D’un psychologue pour aider l’enfant à se confier.
  • Aux sites où a lieu le préjudice : généralement dotés d’un bouton de signalement, il peut permettre de supprimer les messages injurieux voire de fermer le compte du harceleur.
  • Contacter l’association e-enfance d’aide aux victimes de cyber-harcèlement en ligne ou par téléphone : Net Ecoute (0800 200 000) : conseils, soutien, aide juridique.
  • Le gouvernement propose aussi un site de signalement de comportements ou de contenus illicites sur Internet : www.internet-signalement.gouv.fr
  • Enfin dans certains cas, il peut être nécessaire de signaler le harcèlement à la police.

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